La critique des politiques culturelles à l'aune de la diversité culturelle

Amis lecteurs,

je vous partage une nouvelle source, écrite par Jean Michel Lucas alias Doc Kasimir Bisou, où on retrouve de manière très détaillée son raisonnement ( déjà maintes fois relayé via des articles de ce blog qui le citent ici, ici ou )  qui dénonce les erreurs de la politique culturelle française, qui n'est pas selon lui, avis que je partage sans quoi je ne relaierai pas autant ses publications, une politique publique démocratique mais un monopôle d'experts et professionnels autoproclamés.


Cet article va plus loin puisqu'il propose dans sa deuxième partie une réflexion à partir de la déclaration universelle sur la diversité culturelle qui précise quels chantiers mériteraient d'être menés en France pour s'orienter vers la voie donnée par ce texte fondateur (signé en France par le gouvernement, droites et gauches unis sur cette question). Il présente l'intérêt de débroussailler largement le large champ de cogite qui s'ouvre à nous à la lecture de cette déclaration dans notre cadre franchouillard. Il mériterait en mon sens d'être nourri de cas plus concrets puisque ces chantiers mettent en avant de grands principes sans qu'il soit possible de cerner quelles applications concrètes en dispositifs ils pourraient engendrer. Pour autant, cet article date de 2006 et la déclaration de 2001; ainsi on peut imaginer qu'il était un peu tôt pour que JM Lucas illustre ses propos à l'époque; sans doute a-t-il depuis oeuvré dans ce sens.

Personnellement, j'ai bien en tête des exemples de modes de fonctionnement dans des structures que j'ai connues qui me semblent répondre concrètement à plusieurs des enjeux qu'explicitent JM Lucas; j'ai depuis longtemps en tête de les valoriser en les partageant sur ce blog, il faudra que je m’attelle à la tâche un jour.

Voici donc le lien vers l' article de JM Lucas sur lamediatheque.be ( sachez qu'il est long, on ne se rend pas bien compte sur une page web mais je l'ai imprimé, pas moins de 40 pages A4 sont sorties !)
Et comme toujours au cas où la source disparaitrait, une copie ici


Bonne lecture, à tête reposée

E.S.S. + culture = réalité augmentée | le 17 juin 2013 à Lyon

Une publication plus professionnelle que personnelle, pour la prochaine journée Culture et ESS le 17 juin. Pleins de questions intéressantes...


Culture et économie sociale et solidaire, une rencontre durable en Rhône-Alpes ! RDV le 17 juin pour une rencontre de réflexion et de partage d’expériences croisant le secteur artistique et culturel rhônalpin avec les valeurs et outils de l’économie sociale et solidaire (E.S.S.).

Culture et économie sociale et solidaire, une rencontre durable en Rhône-Alpes !
La Région Rhône-Alpes, avec la collaboration de la Nacre, agence du spectacle vivant en Rhône-Alpes, et de la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire de Rhône-Alpes (CRESS), accompagne les acteurs de ce rapprochement, et vous invite
le lundi 17 juin 2013, de 14h à 20h, à l’Hôtel de Région,
à une rencontre de réflexion et de partage d’expériences croisant le secteur artistique et culturel rhônalpin avec les valeurs et outils de l’économie sociale et solidaire (E.S.S.).
L’objectif est de renforcer les démarches de co-construction des politiques publiques de la culture sur le territoire, grâce à la mobilisation de nouvelles modalités d’emploi, de coopération, de financements et d’organisation.
Cette rencontre, qui alterne ateliers collaboratifs, tables rondes et plénière de sensibilisation réunissant acteurs, artistes et élu-e-s, a pour ambition d’engager une réflexion collective pérenne dans notre région, en présence de :
  • Jean-Jack Queyranne, Président de la région Rhône-Alpes,
  • Farida Boudaoud, Vice-présidente du Conseil régional déléguée à la culture et à la lutte contre les discriminations
  • Cyril Kretzchmar, Conseiller délégué du Conseil régional à la nouvelle économie, nouveaux emplois, artisanat, et à l'économie sociale et solidaire,
  • Patrick Viveret, philosophe,
  • Philippe Berthelot, Président de l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles (UFISC).

PROGRAMME


14H \ E.S.S. + culture = quelle ambition commune ?
Accueil en plénière par Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil régional Rhône-Alpes

14H30 \ E.S.S. + culture = des pratiques innovantes en Rhône-AlpesTABLE #1 \ La mutualisation d’emplois, pour quelles plus-values et à quelles conditions ?
TABLE #2 \ Lieux partagés : nécessité économique ou coopération solidaire ?
TABLE #3 \ La culture comme support d'insertion sociale ou l'enjeu des droits culturels
TABLE #4 \ Au cœur d’une économie mixte, quelle maîtrise de leur modèle économique pour les acteurs culturels et artistiques ?

17H \ E.S.S. + culture = un mariage durable ?
Plénière avec :
  • Farida Boudaoud, Vice-présidente du Conseil régional déléguée à la Culture et à la lutte contre les discriminations
  • Cyril Kretzschmar, Conseiller délégué du Conseil régional à la nouvelle économie, nouveaux emplois, artisanat, et à l'économie sociale et solidaire
  • Jérôme Saddier, chef de cabinet et conseiller spécial, Cabinet du Ministre délégué à l’économie Sociale et Solidaire (sous réserves)
  • Philippe Berthelot, Président de l’UFISC (Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles)
  • Patrick Viveret, Philosophe

Animée par : Nicolas Riedel, Directeur de la Nacre (agence régionale du spectacle vivant en Rhône-Alpes)

19h \ E.S.S. + culture = échanges informels et vin d’honneur

TELECHARGER LE PROGRAMME.
Programme sous réserve de modifications

INSCRIPTIONS


Plénière et tables-rondes ouvertes à tou-te-s
Le nombre de participant-e-s étant limité, nous vous remercions de valider votre inscription avant le 31 mai 2013 en remplissant ce formulaire.
Pour tout renseignement, contacter Céline Palluy (c.palluy@la-nacre.org / 06 21 83 03 80)

A Séné, des GLOP pour la programmation culturelle de la Ville

Le service culturel de la mairie de Séné dans le Morbihan, suite à la décision de la municipalité de se doter d’un équipement culturel regroupant une médiathèque, une salle d’exposition et une salle de spectacle a mis en place les Groupes Locaux d'Orientation de la Programmation, les GLOP (pour une présentation plus précise, jetez un œil sur leur site.  Ils ont pour but d'impliquer les habitants dans les choix de programmation de ces salles. L'initiative est très intéressante dans une perspective de participation réelle des habitants à la politique culturelle de diffusion artistique. A première vue, l'idée parait toute simple, mais le courage de la mettre en œuvre est très saluable tant la norme d'innombrables établissements culturels publics repose sur l'omniscience d'un directeur artistique ou programmateur. De nombreux services culturels se trouveraient déconcertés par les nombreuses incertitudes que soulèvent l'approche des Glop; cette idée est en fait presque utopique.

Comment faire vivre ce challenge sans tomber dans l'appropriation par un groupe restreint? Comment laisser de la place à des envies et des sensibilités très variées ? Bien d'autres questions se posent au sujet de ces GLOP... En tout cas il s'agit d'une expérimentation à suivre car elle aura sans doute de quoi inspirer d'autres tentatives. En espérant bien sûr qu'elle fasse l'objet d'observation, d'évaluation et de restitutions de ce que "produit" la méthode du point de vue des enjeux de la diversité culturelle, dans un contexte de société où les métissages et hybridations artistiques créent sans cesse de nouvelles formes.


Ci-dessous, un article tiré de Culture Extensive qui éclaire l'aventure, à lire car il pose d'excellentes pierres pour réfléchir sur la question de médiation culturelle, où le rôle de l'institution n'est plus dans l'enseignement d'une excellence artistique, mais dans l'animation d'un débat entre citoyens sur ce qui a valeur culturelle à leurs yeux.



L'article en question

Une expérience particulière de médiation culturelle.

Derrière cette étrange onomatopée se cache en réalité une expérience participative peu banale. Les Groupes Locaux d’Orientation de la Programmation, ou GLOP, ont été mis en place par le service culturel de la mairie de Séné dans le Morbihan, suite à la décision de la municipalité de se doter d’un équipement culturel regroupant une médiathèque, une salle d’exposition et une salle de spectacle.L’idée est simple et n’a rien de révolutionnaire selon Mathieu Warin directeur de la culture à Séné: Faire participer les habitants à la programmation du centre culturel. Ils auraient ainsi la possibilité de proposer des spectacles, des expositions, des projections… de manière collective dans une optique de programmation pour tous. 

 Les GLOP sont constitués d’habitants de la commune ou d’ailleurs désireux de partager des expériences culturelles. Le but étant de faire naître une réflexion collective autour de la notion de programmation. Pourquoi en tant qu’habitant je pourrais dire que ce spectacle intéresserait mon voisin.
Depuis maintenant plus d’un an que les GLOP fonctionnent Mathieu Warin peut dresser un premier bilan. La première satisfaction pour la mairie réside dans la participation de la population, et chose surprenante ce ne sont pas les champs artistiques les plus accessibles qui remportent le plus de succès. En témoigne le GLOP danse qui s’avère être l’un des plus suivi. Cet engagement de la population est d’autant plus intéressant que beaucoup de participants ne se connaissaient pas entre eux avant la démarche initiée par la municipalité. L’autre point positif repose sur le brassage de population au sein des groupes, et même si une certaine proportion des « glopeurs » sont issus du milieu culturel (artistes, comédiens, enseignants artistiques…) une partie d’entre eux sont arrivés complètement néophytes, ce qui est pour le service culturel une des premières réussites de l’initiative. Enfin on assiste dans les glop à plusieurs façons de faire où certains vont se spécialiser en ne participant qu’à un seul type de spectacle alors que d’autres vont butiner à droite à gauche, ceci reflétant la richesse de la démarche.

Mais il ne faudrait pas prendre cette belle initiative comme une idée miracle, et le service ne ferme pas les yeux sur les écueils, encore à combler. Tout d’abord faire appel aux habitants dans une programmation peut s’avérer « au mieux un bordel sans nom, aux pires l’idée la plus démagogique qui soit ». Pour que l’action prenne sens et soit audible il faut l’organiser, la soutenir et la relayer en lui donnant un rythme et un espace d’échange afin de s’habituer à découvrir ensemble. Il faut également que le public des glop se confronte aux professionnels, sans qui l’apprentissage n’est pas possible. Ainsi à chaque mise en place d’une visite ou d’un spectacle une rencontre est organisée avec les programmateurs de salle, les artistes, les conservateurs des musées… 

La démarche souhaite également aller plus loin en proposant par exemple des stages autour d’une thématique particulière. Grâce notamment à un partenariat avec l’ADDAV les glopeurs ont pu se plonger dans la valorisation de la danse, et appréhender une nouvelle façon de voir des spectacles et de les programmer. Prochainement une rencontre avec la conservatrice du musée des Beaux Arts de Vannes est prévue afin de comprendre la notion de conservation, d’exposition et de médiation autour d’une collection.

L’autre crainte dans une telle initiative c’est de créer un « entre soi », que les GLOP génèrent des façons de penser et un clan « glopeurs » pouvant se considérer sur un piédestal face au reste du public, quant à la compréhension et la légitimité de parler de culture. Cela ne semble pas le cas à Séné pour le moment et tout est fait pour éviter ce piège qui serait « in fine » tout le contraire de la démarche. Si les GLOP semblent rencontrer un bon échos auprès de la population, cette idée reste emprunte d’un énorme scepticisme de la part des professionnels. Sans chercher à créer de nouveaux programmateurs, il faut comprendre cette initiative véritablement comme une action de médiation culturelle en perpétuelle évolution et ajustement.

Là où la crainte des professionnels de la culture et de la programmation est palpable et compréhensible, il faut cependant y voir une manière d’éduquer le public non pas à un courant ou un style artistique mais à une manière de concevoir la programmation et donc à se positionner en tant que spectateur dans une offre culturelle foisonnante en dépassant le simple « j’aime, j’aime pas ». Dans cette commande politique de la part de la municipalité il y a le soucis, précise Mathieu Warin, que le centre culturel se nourrisse de la paroles des « non-experts » sans pour autant pointer du doigt le travail des programmateurs de métier, qui reste nécessaire pour proposer une programmation cohérente.

Même si la première saison de Grain de Sel, la future salle de la commune, ne comportent aucun spectacle programmé par les glopeurs, les Groupe Locaux Orientation de la Programmation auront au moins le mérite de faire naître chez les habitants une réflexion sur la façon de percevoir un spectacle pour soi et surtout pour les autres.

Un conseil pour les artistes et acteurs culturels des territoires: démerdez-vous sans le ministère pour construire l'avenir de votre secteur !


Fin 2012 l'organisation par le Deps d'une journée d'études consacrée aux mécanismes de "reconnaissance et de consécration artistique" m'avait motivé à la publication d'un article analysant le piège tendu aux politiques culturelles avec ce genre de réflexions. Le Deps s'associe cette fois à plusieurs diffuseurs de produit culturel pour l'organisation d'une rencontre dédiée à "l'usage et l'efficacité de la publicité dans les filières culturelles", suite à une publication d'un ouvrage du même nom par deux chercheurs de Orange Labs, division R&D de France Telecom. (cf en fin de ce mail le contenu de la rencontre)

Le nom très explicite de cet événement et les statuts des invités nous indique qu'il se positionne sur des enjeux propres aux marchands de produits culturels qui, face à un marché saturé en offre de ventes physiques et numériques, ont besoin de piquer des parts de marché à leur concurrents. Il s'agira dans cette rencontre de discuter sur comment le faire efficacement parmi toutes les stratégies possibles de publicité.

Publicité, concurrence, parts de marché... nous sommes donc sur les enjeux économiques d'une filière industrielle, et j'en viens donc à questionner le sens. Il n'est pas insensé en soit qu'un ministère s'intéresse à cette question. Il est en revanche regrettable de voir qu'au delà d'un travail de statistiques auquel se livre le Deps, le champ de son travail prospectif dans le domaine de la culture se borne à des questions qui pourrait être celles des ministère de l'économie ou de l'industrie. Toutes les dimensions socio-économiques des acteurs culturels autres que les marchands de produits culturels ne font quant à elles l'objet d'aucun travail de la part du ministère de la culture et de la communication.

Or j'observe par ailleurs que les préoccupations émergentes des politiques culturelles se placent sur d'autres enjeux. L'observatoire des politiques culturelles travaillent avec les collectivités locales des questions d'agenda 21 et de développement durable dans la culture. Les réseaux fédérés au sein de l'Ufisc et de la Cofac se sont rapprochés des acteurs de l'ESS et se penchent ensemble sur les questions de coopération économique et de structuration professionnelle. Traditionnellement les mouvements d'éducation populaire interrogent quant à eux les dimensions éducatives et socialement intégratrices de la culture. On voit donc apparaître un grand écart entre les préoccupations d'acteurs culturels d'horizons très variés et celles du MCC.

Ces constats viennent illustrer que les acteurs ne peuvent attendre de grandes impulsions de ce ministère, bien trop préoccupé à consolider une filière industrielle bousculée il y a quinze ans par l'arrivée du numérique. Ainsi voici un conseil pour les artistes et acteurs culturels des territoires: en attendant, démerdez-vous seuls pour construire l'avenir de votre secteur !





Contenu de la rencontre:

Rencontre à l'occasion de la parution dans la collection "Questions de culture" :

Promouvoir les œuvres culturelles. Usages et efficacité de la publicité dans les filières culturelles

Mercredi 20 février 2013
19h – 21h

Dans le cadre de la Social Media Week

Réservation conseillée : inscriptions en ligne sur site de la Cantine

Quels sont les dispositifs et stratégies de promotion médiatique des œuvres dans plusieurs filières culturelles en France : cinéma, jeux vidéo, livre, musique enregistrée mais aussi spectacle vivant et musées ? Achat d’espaces publicitaires dans différents médias (presse écrite, télévision, radio, affichage, bandes annonces, Internet), marketing direct, relations avec la presse, publicité sur le lieu de vente... : les œuvres culturelles, comme la plupart des produits commercialisés, font l’objet d’un travail de promotion lorsqu’elles sont mises sur le marché.
Pourtant, la nature des biens culturels appelle des logiques de promotion spécifiques destinées à réduire la très forte incertitude sur le succès. Promeut-on une œuvre culturelle comme un produit ordinaire ? Les dépenses de promotion s’orientent-elles vers les créateurs qui sont déjà les plus visibles ou visent-elles à faire connaître de nouveaux artistes ? Renforcent-elles ou réduisent-elles la diversité culturelle, offerte et consommée ? Dans quelle mesure Internet recompose-t-il les stratégies de promotion ?

La rencontre :
Les auteurs, Jean-Samuel BEUSCART et Kevin MELLET, chercheurs à Orange Labs, présenteront les principaux résultats de leurs travaux réalisés pour le DEPS et publiés dans l’ouvrage Promouvoir les œuvres culturelles. Usages et efficacité de la publicité dans les filières culturelles et les mettront en débat avec des professionnels des secteurs concernés et des publicitaires.

Avec la participation de :
- Frédéric MOGET, directeur général de Paramount Pictures France
- François LAURENT, directeur général Univers Poche
- Pierrre FREMAUX, cofondateur du réseau social des lecteurs Babelio.com
- Simon BALDEYROU, directeur général France Deezer
- Olivier GILBON, directeur général agence Super Gazol

Modération : Stéphane DEBENEDETTI, maître de conférences en sciences de gestion, Université Paris-Dauphine





MC2 et Regie 2C: les chiffres


Les équipements publics de la culture alimentent quelques fantasmes, et beaucoup de rancœur auprès des acteurs moins bien munis, souvent des associations, qui souffrent d'une inégalité de reconnaissance, et donc de moyens pour leur projet culturel. Voilà quelques chiffres à destination des cultureux grenoblois, pour vous permettre d'aller plus loin dans vos analyses

  • La MC2
Informations recueillies lors d'une intervention publique de Michel Orier lorsqu'il était directeur de la MC2 :
-Travaux de rénovation avant 2004 (investissement):
environ 40 M€ , couvert à 42,3 % par la ville, 40 % par l'État, 10,7 % par le département et 8 % par la Région
-Fonctionnement annuel chiffres de 2012:
Environ 6 000000€ de subventions pour la MC2: état 2,2M, Ville de Grenoble 1,6M, Département de l'isère 1,5M, Région Rhône Alpes 0,5 M.
-Recettes de billetterie; environ 2M€ pour 100 000 spectateurs annuels,

Une précaution est à prendre: je ne parviens pas à savoir si ces subventions sont éxlusivement dédiées à la MC2 ou si elles sont à répartir avec le Centre Dramatique géré par Osinki, le centre choregraphique par Gallota, et les Musicien du Louvre de Minkowski. Certains recoupements me portent à croire que ces autres acteurs sont financés par d'autres subventions, mais je ne peux pas y mettre ma main à couper. Auquel cas, on aurait une moyenne de 60€ de subvention par places.

Remarque:
A 200m de là La Bifurk et ces 10000 spectateurs annuels n'ont aucune subvention pour l'activité de spectacle vivant. En 2011, le budget de L'ampérage à Grenoble équivalait à 5€ de subvention par place, à la différence près que l'Ampérage ne programme pas mais accompagne d'autres associations culturelles à la recherche de lieux pour produire des évènements. Son budget sert donc à conseiller les autres assos en matière juridique, administrative, technique et de communication, et non pas à financer des spectacles. De nombreuses associations qui s'y produisent ne bénéficient d'aucune subvention directe par place. Soit dit en passant, ce modèle est un excellent vecteur de démocratie culturelle puisque les portes sont ouvertes à toute esthétique de manière équitable.

  •  La Régie 2C  (Chaufferie et Ciel)
Infos issues de leur offre d emploi directeur du printemps 2012:

La Régie 2C (Régie Chaufferie-Ciel) est un équipement culturel qui s’inscrit dans la dynamique d’agglomération dans le champ des musiques actuelles :
-deux sites complémentaires en termes d’offre de service : Le Ciel et La Chaufferie
-une vocation affirmée sur la transmission et l’accompagnement des pratiques
-une identité musicale affirmée « pop-rock » pour la diffusion professionnelle au Ciel et une dominante récente « musiques du monde » à la Chaufferie
-des objectifs d’ancrage local et de rayonnement

Dans le contexte de la construction de la Scène des Musiques Amplifiées de Grenoble (SMAG) à horizon fin 2013, la Régie 2C est actuellement le seul équipement labellisé Salle Musiques Actuelles (SMAC) sur l’agglomération. Ce label reconnaît le respect d’exigences en terme d’offre de services et donne lieu à financement par l’Etat. 

La Régie 2C s'inscrit dans une politique culturelle en matière de formation et diffusion musicale, en lien étroit avec le Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) et la future SMAG. La Régie 2C est un équipement public administratif, dotée d'une équipe de 11 personnes et un budget de fonctionnement de 875 000 €, financé à 60% par la Ville de Grenoble.


Remarque
Je n'ai aucun chiffre du théâtre municipal de Grenoble. Pourtant, regardons les têtes d'affiches programmées dans le passé: Stéphane Guillon, Patrick Timsit, Edouard Baer, Pierre Arditi, Gerard Jugnot... Est-il normal d'affecter de l'argent public pour acheter des spectacles très chers à des maisons de productions privées, afin que ce soit moins cher pour le publiconsommateur ? De mon point de vue c'est plutôt le rôle du secteur marchand de diffuser ces œuvres ( Summum et consors), il n'y a pas d'utilité publique là dedans.


  • Festival Rocktambule et Detours de Babel (fusion ex-Festival de Jazz et ex-38eme rugissant)
Pour info,  d'après la lettre ouverte de PMI (asso qui organise Rocktambule) de janvier 2010: 40€ par place au 38eme Rugissant contre 6€ pour Rocktambule. Il serait intéressé d'avoir aussi les chiffres des autres festivals et salles de l'agglo



Je suis preneur de toute autre source pour connaître les budgets des salles et festivals de l'agglo pour les publier également et permettre à tous de fournir des analyses justes.


PS: pour rappel, les budgets mettent en lumière des inégalités, ils ne doivent pas être les seuls éléments de discussion sur l'évolution des politiques culturelles, la question du sens des projets culturels reste centrale à débattre (rappelez-vous de l'image de Franck Lepage, recouvrir les pauvres de fumier pour les cultiver, c'est pas vraiment pertinent, donc avant de demander des financements pour  faire de même, assurons-nous du sens de notre projet)



Reconnaissance et consécration artistique: le piège tendu aux politiques culturelles

Je suis abonnée à la newsLetter du Deps ( le département des études, de la publication et la statistique) du ministère de la Culture et voici un de leurs nouveaux travaux qui mérite que je formule une critique. Pour mieux comprendre le rôle du DEPS, je cite le site du ministère: "il forme le principal service d'études du ministère de la Culture et de la Communication, spécialement chargé des études socio-économiques dans le domaine de la culture. Grâce au développement des statistiques sur la culture, il apporte un éclairage quantitatif et qualitatif à la définition, aux orientations et à l'aide à la décision des politiques culturelles nationales."

Le Deps, c'est donc l'organe étatique où se mènent les réflexions pour construire nos futures politiques culturelles. Or je découvre qu'ils s'associent à de nombreux laboratoires de recherche pour réfléchir aux processus de Reconnaissance et consécration artistique. Jetez donc un oeil à la page du colloque en question: www.colloque-consecration.org (au cas où elle disparaitrait du site un jour, j'ai copié son contenu en fin de ce mail)
 
"Et alors, c'est quoi la polémique ?" vous demandez-vous. Un peu de patience, je vous y conduis, tout en restant bien courtois face à un sujet qui pourtant m'indigne très profondément. Je me tempère...

Fouiller cette question revient à comprendre comment on est capable d'anticiper ce qui va faire d'une œuvre ou d'une équipe artistique une référence. En tenant compte de toutes les évolutions du secteur culturel, dont l'interaction avec le secteur marchand, l'émergence d'artistes toujours plus nombreux et divers dans leurs esthétiques, et les moyens d'accès à la production culturelle démultipliés avec le numérique depuis 10 ans, les voies qui mènent à la consécration se sont multipliées. Ce colloque vise à les identifier.


Ce questionnement intéresse tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, souhaitent comprendre comment on "se hisse sur le podium", cette place où on aura un accès privilégié aux financements publics ou privés de la création, aux circuits de diffusion... Cette place où on n'aura plus à se préoccuper de ce qu'on crée et de comment on le finance, car on aura toujours le bénéfice de la célébrité qui garantit que quoi qu'on fasse, ce sera consommé par un large public bien préparé par une communication abondante qui vénère la célébrité obtenue. Dans le privé ce sera rentable, dans le secteur public on parlera de rayonnement ... deux finalités différentes, mais un enjeu commun : la reconnaissance et la consécration !

C'est le début de notre problème, car à partir de cet enjeu, on structure les moyens, on détermine comment on travaille. Raisonnons par le cas pratique, je prends la MC2 de Grenoble pour une Nième fois sur ce blog :
-un directeur artistique, aidé par son réseau d'homologues dans les équipements phares des autres grandes villes, travaille la sélection des œuvres au sein des milieux qu'ils connaissent: les circuits de création abondamment financés par le même ministère de tutelle.
- une équipe de commerciaux qui produit un catalogue annuel et qui diffuse ses produits sur tous les circuits de vente traditionnels physique ou internet.
- un gros budget de communication, pour inonder les espaces publicitaires de l'agglomération et pour acheter des encarts dans toute la presse locale.

C'est très proche du secteur marchand. Seule la sélection diffère un peu car les producteurs marchands de loisirs culturels sélectionnent plutôt selon des critères marketing, mais le travail commercial et communicationnel est rigoureusement le même.

On ne peut pas dire que la politique publique a été influencée à ses origines par le secteur marchand; elle est plutôt l'héritière d'un passé lointain, où la production artistique financée par la noblesse avait pour fonction de distraire le roi et sa cour. Pour les dubitatifs, sachez que la comédie française, l'élite de la formation théâtrale française encore aujourd'hui, était créée par Louis XIV au XVIIeme siècle; et désormais les centres dramatiques créés par le ministère partout en france durant les dernières décennies n'aspirent qu'à y ressembler, qu'à copier le modèle qu'ils convoitent. Aujourd'hui encore, la politique culturelle est imprégnée de cette vision de l'excellence, à l'origine de la recherche de la reconnaissance et de la consécration. Le secteur marchand culturel n'en est donc pas responsable ; en revanche par son omniprésence il conforte cette manière de penser, cette recherche de l’œuvre consacrée qui aura un succès garanti. Et nos chercheurs et notre ministère, incapables de penser autrement, se ruent sur la question: quelle tristesse.



C'est bien là la polémique. On affecte des moyens publics énormes sur cette question (entre les services ministériels et les chercheurs d'université, ça en fait des denier publics!), alors que son caractère d'utilité sociale ( ou d'intérêt général employez le terme que vous voudrez ) n'a rien d'évident. J'affirmerai même que les enjeux d'une politique publique de la culture sont complètement ailleurs, et je m'arrête ici pour cette article bien assez long. Pour ne pas vous frustrer totalement si vous voulez des pistes pour cette ailleurs, cherchez sur ce blog les articles parlant de l'agenda 21 de la culture, de diversité culturelle, de déclaration universelle des droits culturels, de Jean-Michel Lucas... et vous serez alors sur la bonne voie.




COPIE DU TEXTE PUBLIE SUR www.colloque-consecration.org

Argument

Si les questions de reconnaissance et de consécration se situent au cœur de toute analyse des univers artistiques et culturels, c’est que ces derniers sont fondés sur des propriétés spécifiques et pour le moins paradoxales. En effet, relativement à d’autres domaines, les mondes de l’art se caractérisent par l’importance majeure que les professionnels comme les publics accordent à la valeur symbolique des œuvres et des artistes et par le désintéressement affiché ou, du moins, la dénégation assumée concernant la valeur et les profits économiques. Ainsi, au sein de ces univers, la hiérarchisation des artistes et des œuvres s’organise essentiellement selon la logique de l’accumulation du capital symbolique. Or, paradoxalement, l’évaluation de la qualité ou de la valeur artistique s’avère, au moins au départ, fortement marquée par l’incertitude, notamment parce que cette évaluation est généralement privée de conventions consensuelles et que ses objets (œuvres et artistes), loin d’être homogènes comme sur d’autres marchés, se caractérisent avant tout par leur singularité.
Le développement de l’analyse de la reconnaissance et de la consécration artistiques se révèle donc essentiel pour comprendre ce qui fait le prix et la valeur artistique des œuvres et pour appréhender, plus généralement, le fonctionnement social des champs artistiques dans leur diversité.
C’est l’objectif que s’assigne ce colloque en faisant dialoguer des chercheur-se-s provenant de différents pays et de plusieurs disciplines des sciences sociales (sociologie, histoire et histoire de l’art, études littéraires, sciences de l’information et de la communication, économie, etc.) et des acteurs institutionnels de l’art et de la culture.
La variété des points de vue vise en particulier à penser les phénomènes de consécration en relation avec les transformations passées et présentes des mondes de l’art. Ces dernières années, l’accroissement des populations d’artistes, la concentration des entreprises culturelles et médiatiques et le développement de l’organisation par projet font partie des principales mutations ayant entraîné une intensification de la concurrence et de la spéculation sur la qualité artistique. Si ces transformations n’ont pas fait disparaître les voies traditionnelles de la consécration, elles en ont fait apparaître de nouvelles et semblent avoir rendu plus efficientes celles qui étaient davantage centrées sur la notoriété médiatique et commerciale que sur la réputation proprement artistique.
Identifier ces différents phénomènes, les distinguer et rendre compte empiriquement de leur articulation dans le processus de reconnaissance des œuvres, des artistes ou des genres artistiques comptent parmi les enjeux majeurs de ce colloque.

Comité d’organisation

Laurence Ellena (Université de Poitiers, GRESCO), Pierig Humeau (Université d’Amiens, CURAPP), Wenceslas Lizé (Université de Poitiers, GRESCO), Fanny Renard (Université de Poitiers, GRESCO), avec l’aide d’Anne Cavarroc et de Chantal Vallet

Comité scientifique

Président : Yvon Lamy (Université de Limoges, GRESCO)
Christophe Charle (Université Paris 1, IHMC), Jérôme David (Université de Genève), Wouter De Nooy (Amsterdam Universiteit), Olivier Donnat (DEPS, ministère de la Culture et de la Communication), Timothy J. Dowd (Emory University, Atlanta), Jacques Dubois (Université de Liège), Vincent Dubois (Université de Strasbourg, GSPE), Sylvie Ducas (CHCSC, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), Laurence Ellena (Université de Poitiers, GRESCO), Charlotte Guichard (IRHiS, CNRS), Pierig Humeau (Université d’Amiens, CURAPP), Susanne Janssen (Erasmus Universiteit, Rotterdam), Bernard Lahire (ENS Lyon, Centre Max Weber), Philippe Le Guern (Université d’Avignon, Centre Norbert Elias), Wenceslas Lizé (Université de Poitiers, GRESCO), Gérard Mauger (CESSP, CNRS), Delphine Naudier (CRESPPA-CSU, CNRS), Claude Poliak (CESSP, CNRS), Alain Quemin (Université Paris 8, Institut d’Études Européennes), Marie-Pierre Pouly (Université de Limoges, GRESCO), Hyacinthe Ravet (Université Paris Sorbonne, OMF), Fanny Renard (Université de Poitiers, GRESCO), Olivier Roueff (Printemps, CNRS), François Rouet (DEPS, ministère de la Culture et de la Communication), Dominique Sagot-Duvauroux (Université d’Angers, GRANEM), Marco Santoro (Université de Bologne), Gisèle Sapiro (CESSP, CNRS), Séverine Sofio (CRESPPA-CSU, CNRS), John B. Thompson (Cambridge University), Solange Vernois (Université de Poitiers, GERHICO),

Soutiens institutionnels et partenaires scientifiques

Le colloque "Reconnaissance et consécration artistiques" est organisé par le GRESCO avec la participation du Centre Universitaire de Recherche sur l’Action Publique et le Politique (CURAPP) et le soutien du Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture et de la Communication (DEPS), de l’Université de Poitiers, de la Région Poitou-Charentes, de l’IUFM Poitou-Charentes et de la Communauté d’agglomération Grand Poitiers.
Le colloque a également reçu le soutien des partenaires scientifiques suivants : le Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP), le programme ANR IMPACT, le Centre Max Weber, l’Observatoire Musical Français (OMF) et l’Association Internationale de Sociologie (ISA)

Modalités et outils innovants pour l'implication des citoyens dans la vie publique locale

Je vous partage ce document parce qu'il a le mérite d'appréhender a culture non pas comme un secteur en soi mais bien comme un élément transversal de plusieurs politiques publiques, tel que le préconise l'Agenda 21 de la Culture.

Extraits du dossier coproduit par Le Couac de Toulouse (COllectif Urgence d'Acteurs Culturels ) et MULTILATERAL (Association Aragonaise pour la Cooperation Culturelle):

Laboratoire de réflexion et de propositions opérationnelles pour le secteur culturel dans deux villes européennes signataires de l’Agenda 21 de la Culture

L’Agenda 21 de la culture a été approuvé le 8 mai 2004 par des villes et des gouvernements locaux du monde entier qui s’engagent dans les domaines des droits de l’homme, de la diversité culturelle, du développement durable, de la démocratie participative et de la création de conditions pour la paix. Il s’agit du premier document à vocation mondiale qui prend le pari d’établir les bases d’un engagement des villes et des gouvernements locaux en faveur du développement culturel. L’adhésion à l’Agenda 21 de la culture revêt une forte importance symbolique : elle exprime l’engagement d’une ville de faire de la culture une dimension clef des politiques urbaines et montre une volonté de solidarité et de
coopération avec les villes et les gouvernements locaux du monde entier. Les villes utilisent l’Agenda 21 de la culture pour, d’une part, plaider l’importance de la culture dans le développement local auprès des gouvernements nationaux et des institutions internationales et, d’autre part, renforcer les politiques culturelles locales. Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) a adopté l’Agenda 21 de la culture comme document de référence de ses programmes en culture et a joué le rôle de coordinateur du processus postérieur à son approbation.
 


Les villes de Huesca et de Toulouse se sont engagées depuis plusieurs années avec l’Agenda 21 de la culture. En effet, dans ces deux villes des procédés ont été mis en place pour impliquer les citoyens dans la vie publique et culturelle locale. Le présent projet vise à créer un espace de réflexion transfrontalier pour analyser et évaluer les méthodologies et les outils utilisés par l’échange d’expériences et de bonnes pratiques réalisées dans les villes de Toulouse et de Huesca...


Pour en savoir plus sur l'orientation de leur réflexion et appréhender ce questionnement sur l'implication citoyenne dans la vie culturelle, lisez donc ou téléchargez le dossier par ici. (En français à partir la page 11)